On a eu des nouvelles de la santé de notre cher David Legge, militant pour la santé, cofondateur du MPS, mais surtout un homme, un ami, un leader et un phare très apprécié par les militants du monde entier.
On partage le lien créé par sa famille pour envoyer des messages de solidarité et rendre hommage à David. On publiera aussi les commentaires qu'on a reçus pour David sur la page Facebook.
Envoyez vos messages et vos hommages à David Legge : https://www.facebook.com/share/p/188diEXVNA/
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Réflexions de David Legge lors de la commémoration du 25e anniversaire du MPS
Voici un aperçu de ce qu'on a fait ces 25 dernières années. Ici, on a la charte, la déclaration quaker de 2005. En bas, c'est Le Cap en 2012. Puis on revient à Savar en 2018, et enfin à Mar del Plata l'année dernière. Et puis toutes les activités qui ont été menées.
Je pense qu'il y a là quelque chose de merveilleux à célébrer. Je regarde Global Health Watch 7 ici. 110 numéros de People's Health Dispatch. Le long travail de PHM Exchange, de l'IPHU et de l'équipe de surveillance de l'OMS. Et ce ne sont là que les programmes mondiaux.
Ça ne parle pas du travail incroyable qui a été fait au niveau national. Donc, j'aimerais parler de l'évolution du contexte dans cinq grands domaines. À certains égards, le contexte n'a pas beaucoup changé, mais à d'autres égards, c'est assez important de repérer certaines différences.
Donc, sous le titre de détermination sociale de la santé des populations, les défis de la pauvreté, de l'emploi précaire, des inégalités et de l'aliénation des gens les uns par rapport aux autres, par rapport à la Terre, par rapport à leur propre capacité d'agir et par rapport à leur propre créativité. Ce sont des problèmes qui persistent, ainsi que le manque de dépenses publiques dans les infrastructures sociales.
Ensuite, en ce qui concerne les perspectives en matière de santé, le manque de financement de la santé publique, la pression continue en faveur de la privatisation et de la marchandisation sont des éléments classiques, mais tout ce processus de financiarisation et de mondialisation des prestataires de soins de santé privés est relativement nouveau et nous devons réfléchir à la manière dont nous y répondons.
Et puis, bien sûr, il y a le flux continu de nouveaux traitements, de nouveaux diagnostics et de nouvelles inégalités en matière d'accès. Les nouvelles technologies menacent également de changer les choses et nous devons déterminer pourquoi et comment. L'une d'entre elles est la santé transfrontalière, qui doit être mûrement réfléchie.
Je ne vais pas le faire aujourd'hui, mais ce sera une question clé, tout comme les nouvelles formes d'accès stratifié ou de refus d'accès. Mais je voudrais aussi souligner le rôle du taylorisme dans la gestion des soins de santé, qui va s'intensifier avec les nouvelles technologies, ce qui va encore changer les domaines dans lesquels on travaille.
Sous la rubrique des tendances culturelles et environnementales, le réchauffement climatique est clairement un enjeu dominant, avec les catastrophes, les migrations et les conflits qui en découleront.
Et avec eux viennent d'autres enjeux plus familiers, comme l'escalade de l'extractivisme, mais aussi l'impact des nouvelles technologies, notamment celles qui vont changer le monde dans lequel on travaille.
Je veux souligner la dynamique « diviser pour mieux régner » sur cette diapositive, y compris la montée du fascisme et le fascisme qui découle de l'aliénation et du ressentiment, mais aussi le rôle des différentes oppressions liées au genre, à la race et à la religion, et la manière dont elles divisent les gens et affaiblissent notre résistance à l'impérialisme.
Sous le titre « géopolitique », on est passé du colonialisme européen, avec ses vols et son esclavage, au néocolonialisme américain, qui était tout à fait basé sur des échanges inégaux imposés par la force impériale, 3000 des soi-disant règles de l'ordre multilatéral néolibéral, et comment on passe maintenant à l'intimidation bilatérale de Trump.
Mais ce qui est différent aujourd'hui, c'est la montée d'une résistance multipolaire. Et pour illustrer cela, je mentionne le renouveau du G77, du mouvement des non-alignés, du BRICS plus.
Et la récente déclaration du G19, où 19 membres du G20 ont dit que peu importait que les Américains ne viennent pas au G20, ils ont quand même publié leur déclaration. Il y a donc un mouvement multipolaire en cours avec lequel nous devons travailler. L'impérialisme ne va pas l'accepter sans lutter.
Et comme l'a dit le pape François il y a quelques années, la troisième guerre mondiale se livre paix après paix.
Palestine, Venezuela, Ukraine Pour finir, je veux me concentrer sur l'évolution du capitalisme transnational, qui est passé du pillage pur et simple du colonialisme au long boom après la Seconde Guerre mondiale, puis à la crise de la dette des années 1980.
On est maintenant dans une nouvelle période de financiarisation, où le système financier domine le fonctionnement du capitalisme et où on a une nouvelle crise de la dette qui s'aggrave à cause de la cupidité croissante du système financier.
Le MPS doit s'attaquer aux dynamiques qui sous-tendent les inégalités et l'impérialisme dont on a parlé. Et je veux mettre l'accent sur le sous-consommationnisme.
Le fait que le capitalisme génère plus de capital qu'il ne peut en investir et que ce capital afflue vers le système financier, qui l'injecte dans la dette, qui l'injecte à son tour dans de nouvelles formes d'expropriation. On doit comprendre l'aggravation des échanges inégaux dans le cadre de la libéralisation du commerce et de la finance.
Mais il y a aussi de la résistance et on doit continuer à réfléchir à ce que signifierait un nouvel ordre économique international. Je reviendrai sur certains concepts d'Amin sur la dissociation, qui consiste à affaiblir les liens de l'impérialisme. Et c'est ce qui se passe.
L'initiative Belton Road, les banques d'investissement asiatiques dans les infrastructures et le déclin de la devise dollar au profit des devises des banques centrales sont autant de petits signes de résistance au capitalisme dominé par les États-Unis. Tout comme la résistance à l'extractivisme.
Alors, qu'est-ce que je retiens de cette réflexion sur ce qu'on a fait jusqu'à maintenant ? Je veux mettre en avant certains des principes stratégiques qui sont sortis de Mar del Plata. La mobilisation populaire, toucher les groupes marginalisés, dépasser les différences, construire la solidarité et la libération.
La convergence de nouvelles alliances plus profondes avec d'autres mouvements sociaux, notamment les syndicats et les partis politiques de gauche, y compris le processus Nyéléni auquel nous avons participé en collaboration avec des gouvernements progressistes pour résister à l'impérialisme, en travaillant au niveau national pour résister au capital national et aux incursions nationales du capitalisme transnational.
Et le renforcement des capacités nécessaires pour que tout ça se réalise. Je reviens donc à nos documents fondamentaux. Et pour être honnête, notre analyse n'a pas beaucoup changé. Le capitalisme détruit la civilisation et dégrade la nature. L'impérialisme peut être vaincu.
L'écosocialisme est possible et il apporterait des emplois décents, des sociétés équitables, du temps libre, une harmonie écologique et une bonne qualité de vie, mais ce qui a changé depuis décembre 2000, c'est que le MPS a été beaucoup plus explicite dans son discours sur le capitalisme, l'impérialisme et l'alternative écosocialiste.
Parce que si on veut mettre en place un processus de mobilisation, on doit être plus clairs dans notre critique, la critique du capitalisme. On doit être clairs sur le type de monde qu'on veut construire.
Si on veut créer une convergence avec d'autres mouvements sociaux, on doit expliquer plus clairement pourquoi on considère le capitalisme comme une structure critique à laquelle il faut s'opposer et pourquoi un monde écosocialiste est à la fois possible et nécessaire.
De même, si on travaille avec... Je pense donc que ce que j'aimerais laisser à la réflexion du panel, c'est que notre analyse et notre stratégie générale restent assez solides depuis 2000 et ont été renforcées à plusieurs reprises.
Mais peut-être qu'on doit être plus explicites dans notre proposition d'alternative : une critique plus forte et plus claire de ce à quoi on est confrontés et une vision plus enthousiasmante, une vision plus explicite et plus claire de ce vers quoi on tend. Je pense que je vais m'arrêter là.