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International Women's Day

Ce 8 mars, on célèbre, on résiste, on revendique et on rétablit.

Plus de 160 enfants, dont beaucoup de jeunes écolières, ont été tués quand une école a été bombardée. Prenons un instant pour réfléchir à ça.

À l'approche de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, ce n'est pas un moment où on peut juste faire la fête. Partout dans le monde, les femmes et les filles vivent une intensification de la violence, de la privation et de l'effacement, poussées par les forces imbriquées du patriarcat, de l'impérialisme et de l'autoritarisme croissant.

Des femmes meurent dans des hôpitaux sans médicaments, sans nourriture, sans sécurité. Dans des endroits marqués par la guerre, l'occupation et les conflits — Palestine, Congo, Soudan, Yémen, Iran et plein d'autres régions —, des femmes et des jeunes filles sont bombardées, déplacées et poussées au bord de la survie. Ce ne sont pas des tragédies aléatoires.

Ce sont les conséquences directes et délibérées de l'impérialisme, de l'exploitation, de la domination et de la destruction des peuples qui osent revendiquer leur souveraineté sur leurs terres et leurs vies. On soutient aussi les femmes qui subissent les conséquences dévastatrices des conflits locaux et ethniques, dont les souffrances sont trop souvent invisibles aux yeux du monde. Dans tous ces contextes, la violence sexiste s'intensifie, que ce soit à la maison, au boulot, dans les camps de réfugiés, dans les zones de conflit ou dans les espaces numériques.

La violence sexuelle continue d'être utilisée comme une arme de guerre. La violence domestique, la traite, les mariages forcés et la violence d'État restent omniprésents et insuffisamment traités. Pour de nombreuses femmes et filles, la violence n'est pas un acte isolé, mais un continuum qui façonne leur vie quotidienne.

Dans le même temps, les femmes migrantes et réfugiées sont exploitées dans l'ombre de l'économie mondiale, une économie fondée sur une logique impérialiste qui permet la libre circulation des capitaux tout en emprisonnant les êtres humains. Les femmes qui bossent dans des secteurs informels et à forte intensité de main-d'œuvre sont confrontées à la précarité, à l'insécurité et au déni de protections de base, ce qui peut les rendre plus vulnérables à la violence et à l'exploitation, tant sur leur lieu de travail que dans leur communauté. Les personnes LGBTQI+ et celles qui ont des identités de genre diverses sont confrontées à la criminalisation, à la persécution par l'État et à une discrimination systémique de plus en plus utilisée comme arme par les régimes autoritaires pour consolider leur pouvoir et réprimer la dissidence. Les femmes handicapées sont souvent exclues des services et des protections. Les femmes autochtones, les femmes racialisées, les migrantes et les femmes issues de minorités ethniques continuent de subir de multiples formes de violence structurelle et de marginalisation.

Ces réalités se manifestent alors que les mouvements anti-genre — dont beaucoup sont financés, organisés et encouragés par des projets politiques autoritaires — gagnent en influence, remodelant les politiques, démantelant les protections et affaiblissant les engagements en faveur de la justice de genre, ce qui finit par exacerber les vulnérabilités auxquelles sont confrontées les femmes handicapées et d'autres groupes marginalisés. La santé et les droits sexuels et reproductifs sont constamment attaqués. Des millions de femmes n'ont toujours pas accès à la contraception, aux services de santé maternelle et à l'avortement sûr et légal.

Les coupes dans les dépenses de santé publique et l'aide internationale aggravent ces conditions. On le dit clairement : le retrait du financement des droits des femmes et des systèmes de santé n'est pas simplement une mesure d'austérité, c'est une politique impérialiste en action. Lorsque les gouvernements et les puissances mondiales retirent leurs ressources, les conséquences sont immédiates et dévastatrices : sous-financement des systèmes de prévention et de lutte contre la violence sexiste, insuffisance des services de santé reproductive et refus de soins vitaux.

Les budgets ne sont pas neutres. Ils reflètent des priorités.

Les gouvernements doivent reconnaître que pour mettre fin à la violence sexiste et garantir l'accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive, y compris l'avortement sécurisé, il faut un investissement public soutenu. Ça veut dire renforcer les systèmes de santé publique, garantir des soins complets aux victimes de violence, élargir l'accès aux services de contraception et d'avortement, et soutenir les organisations communautaires qui fournissent un soutien essentiel en première ligne.

En ce moment, nous exprimons notre solidarité avec les femmes du monde entier, en particulier celles de Palestine, du Congo, du Soudan, du Yémen, de Cuba, du Venezuela et d'Iran, qui sont aujourd'hui confrontées aux conséquences dévastatrices de la guerre, de l'occupation, des blocus et de la violence géopolitique enracinée dans l'agression impériale. Au sein de leurs communautés et mouvements, elles continuent de s'organiser, de résister et de défendre la vie, la dignité et la souveraineté. Elles nous inspirent.

Les femmes du monde entier ont toujours élevé leur voix contre les guerres, les occupations et les systèmes de domination. Nos luttes sont profondément liées et elles sont partout. Dans tous les pays, les femmes sont confrontées au poids cumulé de la précarité économique, des conséquences dévastatrices de la crise climatique et du déni systématique de soins de santé et de services essentiels. Les femmes autochtones, racialisées et à faibles revenus supportent le plus lourd fardeau de la destruction de l'environnement et de l'effondrement climatique, alors même qu'elles sont en première ligne de la résistance. La lutte féministe est indissociable de la lutte anti-impérialiste, anti-autoritaire et pour la justice climatique. Il ne peut y avoir de véritable émancipation des femmes sans justice sociale, sans égalité économique, sans justice climatique et sans démantèlement des structures impérialistes et autoritaires qui entretiennent l'exploitation et la violence partout où elles opèrent, dans les zones de conflit comme en temps de paix.

La santé n'est pas seulement un service, c'est un engagement politique. Chaque réduction budgétaire est un choix politique. Chaque politique qui prive les femmes de leur autonomie corporelle, de leur sécurité et de leur dignité est une décision politique qui s'inscrit dans la même logique qui a toujours déterminé quelles vies comptent et lesquelles ne comptent pas.

Ce 8 mars, on réaffirme notre engagement à défendre les droits à la santé, à l'autonomie corporelle, à la sécurité, à l'autodétermination, à la justice sociale et à la dignité humaine, et à renforcer la solidarité entre les femmes partout dans le monde dans la lutte pour des sociétés exemptes de violence, d'exploitation, d'impérialisme, d'autoritarisme et de discrimination.

 

CE 8 MARS, ON NE SE CONTENTE PAS DE CÉLÉBRER —

ON RÉSISTE. ON RÉCLAME. ON RÉTABLIT.

 

Pour toutes les filles qui ont été bombardées dans des écoles et des hôpitaux.

Pour toutes les femmes qui ont été réduites au silence par la peur, la violence ou le pouvoir — chez elles, dans leurs communautés et dans la vie publique.

Pour toutes les survivantes abandonnées par la justice et privées de soins.

 

Pour chaque femme criminalisée pour ce qu'elle est, pour qui elle aime ou pour la façon dont elle survit. Pour chaque femme qui résiste à l'occupation, au siège et au régime autoritaire.

Pour chaque travailleur de la santé pris pour cible, bombardé ou criminalisé pour avoir choisi les soins plutôt que la sécurité. Pour chaque femme, chaque jeune fille qui continue de se battre, nous sommes à vos côtés.

 

Déclaration du Mouvement populaire pour la santé

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