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Newly appointed PHM Global Coordinator Aziz Rhali on board Global Sumud Flotilla in 2025. Source: Facebook

Nouveau coordinateur mondial du MPS : « La Palestine, c'est un symbole de résistance pour un nouveau monde »

Le pharmacien Aziz Rhali va diriger le MPS avec l'idée de faire de la Palestine un symbole mondial de résistance, pour faire avancer la vision stratégique du mouvement pour la santé.

Le Mouvement Populaire pour la Santé (MPS) a nommé le pharmacien Aziz Rhali comme nouveau coordinateur mondial. Ancien président de l'Association marocaine des droits de l'homme et membre du conseil d'administration de la Flottille mondiale Sumud, Aziz succédera à Roman Vega tout en supervisant le déménagement partiel du secrétariat du MPS dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA).

Dans cette interview, Juliette Mattijsen, co-coordinatrice du MPS Europe, et M. Rhali examinent le contexte politique qui coïncide avec le début de son mandat de coordination, les projets et la vision du MPS pour la période à venir, ainsi que les défis importants qui l'attendent.

Juliette Mattijsen : Si nous nous réunissons aujourd'hui, c'est parce que le MPS transfère sa coordination de l'Amérique latine vers la région MENA, ce qui constitue bien sûr un changement important dans un contexte mondial particulièrement instable. Peux-tu expliquer pourquoi cette décision est si importante ?

Aziz Rhali : Oui, je suis d'accord, le transfert du Secrétariat mondial vers la région MENA est très important. Tout simplement parce que ces dernières années, la région MENA a été la région la plus enflammée de la planète, pour employer un terme médical. En plus de ça, il y a eu pas mal de changements ces dernières années – et d'autres vont se produire à l'avenir – en matière de stabilité et de santé.

Si on examine un peu la région, on constate que certaines zones sont soumises à une pression très forte. Par exemple, il n'y a pas d'État qui garantisse le droit à la santé et d'autres droits, notamment en Libye, au Soudan, en Syrie, au Yémen et au Liban. On est dans une situation où il n'y a pas d'État avec lequel on peut discuter, mais on peut quand même faire pression pour que le droit à la santé et à la stabilité soit reconnu. La situation en Irak n'est guère meilleure, et l'Iran est au bord d'une guerre majeure dans la région.

Ensuite, il y a la question de la Palestine. Nous assistons toujours à un génocide. Il est vrai que beaucoup de gens n'en parlent plus, même s'il se poursuit. Et au-delà du génocide, nous parlons maintenant d'autre chose : le nettoyage ethnique. Les conditions de vie à Gaza ont été totalement détruites. On commence aussi à entendre un peu plus parler de la même chose en Cisjordanie et dans d'autres parties de la Palestine, qui sont aussi menacées par l'État israélien avec le soutien des Américains.

Tout ça nous amène à nous poser des questions en tant que militants pour la santé. Je ne parle pas seulement de protéger le droit à la santé, car pour nous, la démocratie est un élément essentiel. Les déterminants socio-économiques de la santé sont essentiels.

Je pense donc qu'en transférant son secrétariat mondial dans la région, le MPS montre qu'il veut être au cœur des activités de la région, qui est, on peut le dire, très proche de l'Europe – une Europe en pleine mutation avec la montée de la droite et de l'extrême droite, ainsi que dans le contexte de nombreuses valeurs que nous défendons depuis des années et des années. Pour moi, venir dans cette région, la Méditerranée, c'est un peu comme consolider le travail du MPS.

JM : Vous avez déjà parlé de la solidarité avec la Palestine, qui est aussi un élément central de la vision du MPS depuis sa création il y a 25 ans. Avec le transfert de la coordination vers la région MENA, comment pensez-vous que ça va renforcer ce travail de solidarité ?

AR : Quand on parle du MPS en Palestine, il faut remonter dans le temps. En 2000, quand le MPS a été créé, il y a eu une proposition pour que Mustafa Barghouti soit le coordinateur mondial du MPS. C'était pour montrer que la Palestine est au cœur de la réflexion et du travail du MPS. Et le secrétariat a été transféré en Égypte lors d'une des premières coordinations du mouvement, pour être proche de la Palestine et s'assurer que la Palestine soit toujours soutenue.

Dans la région MENA, on a toujours choisi un représentant palestinien comme coordinateur régional. Comme ça, la Palestine est toujours présente dans le débat, et elle le sera maintenant avec le secrétariat mondial dans la région. Pour nous, la question palestinienne est une priorité. Ce n'est pas seulement une question de solidarité, mais aussi de soutien, car elle concerne tous les pays de la région. Par exemple, quand on parle de la Palestine au Maroc, c'est une question nationale. C'est une question qui concerne directement le Maroc et l'Algérie, ainsi que tous les autres pays de la région.

Je dois aussi mentionner que lorsque nous parlons de la Palestine dans ce contexte, nous parlons de la Palestine de la mer au fleuve. Autrement dit, nous parlons de toute la Palestine, et nous considérons la question palestinienne comme un acte de libération nationale. Nous soutiendrons la Palestine jusqu'à sa libération – toute la Palestine.

JM : Lors de conversations précédentes, vous avez aussi expliqué à quel point la solidarité avec la Palestine a été déterminante dans votre parcours militant. De votre formation de pharmacien à votre participation à la Flottille mondiale Sumud l'année dernière, comment cette expérience va-t-elle influencer votre approche en tant que nouveau coordinateur du MPS ?

AR : Je pense que cela ne s'applique pas seulement à moi, mais à tous les militants des droits humains de la région.

La question palestinienne est un enjeu central. Depuis que je suis au lycée, tout le monde ici organise ce qu'on appelle la Journée de la terre le 30 mars – on organise des journées de solidarité, des activités avec la Palestine. C'est vraiment une question avec laquelle on a grandi, à travers cette solidarité organisée. J'ai aussi eu l'occasion et l'honneur de visiter Gaza deux fois, en 2008 et 2014, donc je connais un peu la bande de Gaza.

J'ai bossé là-bas, à l'hôpital Al-Awda, et je connais pas mal de quartiers, région par région.

Mais encore une fois, je ne suis pas le seul, tous les militants du MPS considèrent la Palestine comme une question prioritaire. De l'Australie aux États-Unis en passant par le Canada, tous les militants du MPS se distinguent ainsi de nombreux autres mouvements. Notre position est très claire : nous sommes solidaires de la Palestine, nous soutenons la libération de la Palestine, de toute la Palestine.

En fait, quand je repense à notre dernière réunion du Conseil de direction qui s'est tenue au Maroc, tout le monde a remarqué que lorsque nous avons commencé à parler des cercles, des régions et des activités, toutes les régions se sont concentrées, d'une manière ou d'une autre, sur la question palestinienne.

Dans notre travail quotidien, que ce soit au niveau mondial, régional ou national, la question palestinienne est une question fondamentale et une priorité pour notre travail, car nous la considérons comme un élément de libération pour le monde entier. D'une certaine manière, à différents moments de l'histoire, on parle de lieux qui résistent pour la libération du monde entier : on a parlé du Vietnam, on a parlé de Stalingrad.

À notre époque, la Palestine est un symbole de résistance pour un monde nouveau, un monde où règne l'équité, un monde de justice – car tel est notre objectif au MPS. Le MPS n'est pas seulement un mouvement qui œuvre dans le domaine de la santé ou une ONG qui cherche à fournir un petit nombre de services. Non, on est un mouvement qui s'occupe des questions de justice, de démocratie et de décolonisation dans le monde entier, et on fait partie d'un mouvement mondial qui agit – et ne se contente pas de rêver – pour apporter la justice au monde entier.

JM : La campagne de boycott contre la société pharmaceutique Teva, dans le cadre du mouvement BDS, a mis en évidence la complicité des entreprises dans le génocide, mais elle peut aussi nous rappeler l'importance de construire des modèles pharmaceutiques alternatifs. Depuis plusieurs années maintenant, en tant que MPS, nous mettons en œuvre le projet Public Pharma. Quelle est l'importance de ce programme dans le paysage sanitaire mondial actuel ?

AR : Beaucoup de boulot a été fait là-dessus, à la fois par le MPS et d'autres associations. On a bossé, par exemple, pour montrer qu'il y a pas mal de pays de la région qui achetaient des médicaments génériques, et on a découvert que pas mal de laboratoires israéliens répondaient à ces appels d'offres en utilisant les noms ou les pseudonymes de laboratoires indiens ou mexicains.

On a pu dénoncer cette situation et empêcher pas mal de transactions. Il y a trois ans, on a empêché une transaction importante qu'un laboratoire mexicain voulait conclure avec l'Algérie pour des médicaments contre le cancer, sauf qu'il s'agissait en fait d'un laboratoire israélien. La même chose vaut pour la Libye et plein d'autres pays de la région. La campagne de boycott de Teva s'inscrit bien sûr dans la logique de ce travail, mais on cherche aussi à la renforcer et à l'étendre, car il ne s'agit pas seulement de Teva. Dans la région et à l'échelle mondiale, il y a maintenant pas mal d'accords qui ont été signés par des laboratoires israéliens avec pas mal de laboratoires dans ces pays. On doit les dénoncer et les démasquer.

De la même manière, on doit consacrer plus de temps à la campagne BDS en ce qui concerne le boycott académique, car on peut aussi montrer comment cet État, qui a commis un génocide – et ce n'est pas la première fois –, n'a pas sa place en tant qu'État, laboratoire ou institution dans les collaborations mondiales. Un travail considérable est mené avec les institutions médicales pour faire en sorte que les institutions israéliennes complices n'aient plus leur place dans le travail mondial des institutions médicales.

Maintenant, pour la deuxième partie de ta question. Le projet Public Pharma est super important, car il nous permet, en tant que mouvements du Sud et mouvements qui envisagent un monde différent, de montrer l'exemple dans le domaine pharmaceutique. Il donne des exemples concrets de ce que les États peuvent faire pour construire Public Pharma, y compris la production pharmaceutique publique et des médicaments qui peuvent être vendus à un prix vraiment abordable.

Prenons par exemple le médicament appelé Solvadi ou d'autres médicaments pour le traitement de l'hépatite C. Les laboratoires américains le vendent 86 000 dollars. En Europe, il est vendu 70 000 euros. Dans de nombreux autres pays, il est vendu entre 10 et 15 euros. Le prix de revient du Solvadi ne dépasse pas 1,50 euro. Vous pouvez donc imaginer la différence pratique entre un prix de 1,50 € et un prix de 80 000 €.

À travers le projet Public Pharma, nous voulons montrer que nous pouvons sauver des vies, que nous pouvons rendre les médicaments abordables, que les médicaments sont chers à cause des grandes entreprises pharmaceutiques. Il n'y a pas de médicaments chers. Il y a des soins de santé coûteux pour les citoyens, guidés par les grandes entreprises pharmaceutiques avec une ingérence importante des acteurs politiques. Par exemple, l'un des derniers PDG de Gilead Sciences était Donald Rumsfeld, ancien secrétaire américain à la Défense (ou à la Guerre). Cela devrait nous donner un exemple très clair de l'interconnexion entre la sphère politique et la sphère pharmaceutique.

C'est une grande bataille, mais nous devons la mener et la gagner. Je pense que nous trouverons beaucoup de solidarité dans un certain nombre de pays.

JM : Autre grande question : on traverse évidemment une période exceptionnelle, avec l'influence des États-Unis dans le monde qui semble en déclin et leur réaction particulièrement agressive, le renforcement du blocus contre Cuba, l'attaque contre le Venezuela et l'enlèvement de son président, et les menaces quotidiennes contre l'Iran et le Mexique. Quel est l'impact de cette situation sur le droit à la santé, pour lequel le PHM se bat depuis un quart de siècle, et comment le mouvement compte-t-il réagir ?

AR : Je pense que cette question de la domination de l'hégémonie impérialiste incarnée par les États-Unis a conduit les populations de plusieurs régions à débattre des questions de souveraineté, de développement, de justice sociale et à protéger l'intégrité des pays où elles vivent. Aujourd'hui, dans cette situation, les États-Unis tentent de se maintenir à flot et alimentent toutes ces crises, mais ils se heurtent à une résistance.

Cependant, je pense qu'on ne doit pas se concentrer uniquement sur les États-Unis. Récemment, un accord a été signé entre l'Union européenne et l'Inde, ainsi qu'un accord entre l'UE et le Mercosur. On doit aussi étudier ces développements car, par exemple, une grande partie de l'accord UE-Inde porte beaucoup sur la propriété intellectuelle, les brevets, etc.

Cela dit, on ne renoncera pas à la solidarité avec les peuples agressés par les États-Unis. En tant que PHM Amérique latine et mondial, on sera là pour la flottille de solidarité avec Cuba prévue en mai. On sera là avec le peuple cubain, pour nous opposer à l'agression dont il est victime de la part des États-Unis. J'insiste sur le fait qu'il s'agit d'une agression, car aujourd'hui, à Cuba, de nombreux ports ont été fermés en raison du manque de carburant. Les États-Unis commettent un génocide silencieux contre la population cubaine, et cela est caché au grand public.

Mais la situation est grave, et je pense qu'on doit beaucoup de solidarité au peuple cubain, car il a été présent partout. Les médecins cubains, par exemple, pendant la pandémie de COVID-19, ont voyagé dans le monde entier pour apporter leur aide aux populations de nombreux pays, même en Europe. On doit aussi reconnaître l'importance de Cuba pour de nombreux pays d'Afrique et d'Asie. Les Cubains ont toujours été là pour nous.

C'est à nous maintenant d'organiser une grande chaîne de solidarité avec le peuple cubain. On a vu ce qui s'est passé au Venezuela et à Cuba, et on doit savoir que demain ou après-demain, d'autres pays seront confrontés au même type d'agression.

Ces attaques contre le droit international menées par l'administration américaine auront des effets néfastes sur le monde entier. Je pense que nous, en tant que MPS, devons prendre nos responsabilités en dénonçant ces attaques, en mettant en place des campagnes de solidarité et en faisant entendre notre voix très fort. Nous devons aussi travailler à promouvoir des alternatives. Par exemple, quand on parle des pays BRICS, nous devons pousser le groupe BRICS à élaborer une réponse à ce qui se passe dans le monde.

JM : On assiste également à des crises au niveau des institutions internationales et multilatérales. Elles aussi sont attaquées par l'administration Trump et ses alliés. Comment pensez-vous que ce domaine va évoluer et quel espace le MPS peut-il revendiquer, compte tenu de son rôle historique d'observateur critique à l'OMS ?

AR : Je pense que le démantèlement des agences des Nations unies a commencé avec le premier mandat présidentiel de Donald Trump. L'un de ses objectifs est de détruire l'ONU, tout simplement parce qu'il ne croit pas aux accords multilatéraux. Il ne parle que d'accords bilatéraux. C'est-à-dire des accords entre les États-Unis et un pays donné, avec des conditions très claires en faveur des États-Unis. Pour Donald Trump, les accords multilatéraux freinent le développement des États-Unis et empêchent le développement du monde capitaliste.

Certaines choses se sont passées discrètement, comme les obstructions à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Ensuite, ils sont passés à l'UNESCO, puis à l'OMS, et il s'est ensuite attaqué à la destruction de l'UNRWA et d'autres institutions multilatérales. Pour lui, l'ONU en Palestine représente la revendication du droit au retour et c'est l'organisme qui parle au nom des réfugiés palestiniens. Et je pense que ce « conseil de paix » créé par Donald Trump n'est qu'une alternative à l'ONU, sa propre ONU trumpienne.

Cependant, si l'administration Trump a peut-être commencé par détruire ces organisations, il y a malheureusement pas mal de pays qui aident maintenant les États-Unis dans cette entreprise. Par exemple, je trouve honteux d'entendre le ministre français des Affaires étrangères demander la démission de la rapporteuse spéciale de l'ONU, Francesca Albanese. Consciemment ou inconsciemment, pas mal de dirigeants européens contribuent à détruire l'ONU.

On doit se mobiliser rapidement, car la situation commence à devenir très difficile, surtout avec la disparition de ce qu'on appelait les pays non alignés, ou ce qu'on appelle à l'ONU le Groupe des 77 (G77). On doit relancer le G77 parce que, certes, l'ONU ne fait pas son boulot aussi bien qu'on le voudrait, mais elle défend certaines idées auxquelles on croit tous. Par exemple, la Déclaration de Rome et la création de la Cour pénale internationale (CPI) étaient un rêve pour le monde entier. On rêvait d'une cour où les personnes qui violent les droits humains et les droits humanitaires seraient jugées – et cette cour est aujourd'hui en train d'être démantelée.

Malgré leurs problèmes, notre rôle est de renforcer ces instances, pas de les détruire. On commence à entendre des gens dire qu'on n'a pas besoin des droits humains, que les droits humains ne servent à rien, qu'il y a deux poids deux mesures au sein de l'ONU et qu'on devrait s'en débarrasser. Mais non, on doit renforcer la question des droits humains, on doit renforcer et améliorer le travail des agences de l'ONU, car avec leur disparition, on court à la catastrophe à l'échelle internationale.

Je pense que, malgré tous ses problèmes, de 1945 jusqu'à l'émergence du mouvement trumpiste, l'ONU a en fait sauvé de nombreuses vies à travers le monde. La destruction de cet organisme mettra de nombreux pays en danger, de nombreuses minorités dans de nombreux pays et régions souffriront de la disparition de l'ONU.

Notre rôle en tant que MPS est de poursuivre notre travail, notamment en organisant des réunions avec les ministres de la santé des pays du BRICS et en les incitant à maintenir leur rôle au sein des agences multilatérales afin que l'OMS puisse jouer le rôle pour lequel elle a été créée. L'OMS a commencé à se retirer quelque peu de la scène mondiale, et nous devons la pousser à revenir.

On a vu l'importance de l'OMS pendant la COVID-19, et on devrait la renforcer pour qu'elle puisse pleinement remplir son rôle tel qu'il était envisagé en 1948, lors de sa création. Même en ce qui concerne le droit à la santé, c'est l'OMS qui a donné la définition la plus large et la plus précise du droit à la santé, une définition qu'on ne trouve même pas dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Car lorsque l'OMS a été créée, nous avons parlé du potentiel du monde entier à atteindre la santé d'un point de vue moral, physique et social.

Le mot « social » a disparu du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que de plusieurs autres pactes. Donc, quand on pense à la définition complète de la santé, on doit beaucoup à l'OMS. De la même façon, pour nous, le PHM, la base de notre travail est très proche de la Déclaration d'Alma-Ata de l'OMS.

Dans quelques années, on va fêter le 50e anniversaire de la Déclaration d'Alma-Ata. En nous préparant pour ça, on doit garder à l'esprit cet héritage et renforcer le travail de l'OMS et des autres agences des Nations Unies.

JM : Pour finir, les cercles régionaux et nationaux ont toujours été au cœur du PHM. Sur quoi travaillent-ils en ce moment ? Peut-on déjà parler de leurs priorités – et de celles du MPS – pour 2026 et 2027 ?

AR : La force du MPS réside vraiment dans la force de ces cercles. On ne peut pas parler de MPS si les cercles nationaux et régionaux ne sont pas solides. On doit donc bosser davantage avec les cercles, dresser une véritable carte et veiller à ce qu'il y ait un apprentissage entre nos différents cercles. On a différents cercles dans de nombreux pays, mais on est unis par nos valeurs et la Charte populaire pour la santé.

On doit s'assurer qu'il y ait un dialogue entre les cercles du MPS à tout moment, pas seulement quand on a des assemblées internationales ou qu'on a besoin de mobiliser de jeunes militants. J'étudie actuellement plusieurs idées pour renforcer ce domaine de travail. Par exemple, si je suis au Maroc et que je travaille sur le droit à la santé dans un cercle, je peux inviter un camarade de Côte d'Ivoire ou de tout autre pays francophone – car la langue reste un facteur à prendre en compte – à passer un mois avec nous. On s'occupe d'eux et ils voient comment fonctionne notre cercle. Il essaiera de transférer le savoir-faire de la Côte d'Ivoire ici au Maroc, et vice versa. De la même manière, on peut essayer de créer cet échange entre l'Inde et l'Amérique latine, pour renforcer notre présence.

Ça peut nous aider à renforcer le travail des cercles. Par exemple, en Inde, les militants du MPS font beaucoup de mobilisation et d'actions avec des associations locales. De la même manière, nos potes palestiniens ont fait un gros boulot dans la communauté. Comment on peut transférer cette expertise, développée depuis de nombreuses années en Inde, à d'autres pays ? Comment on peut la transférer au Maroc ? Comment on peut la transférer en Amérique latine ?

Dans d'autres pays, la situation est différente, on n'a peut-être que des contacts initiaux. Par exemple, au Yémen, les militants pourraient souhaiter un transfert de connaissances sur la question de la santé, que ce soit de la part des Comités de travail sur la santé ou de la Société palestinienne de secours médical, afin d'apprendre à travailler le plus efficacement possible dans leur propre contexte.

On a peut-être des camarades palestiniens qui peuvent, par exemple, aller soutenir l'organisation au Soudan, où on n'a pas encore de cercle, mais où on a des points focaux. Comment nos camarades du MPS peuvent-ils jouer un rôle dans le renforcement de notre travail à travers le monde ? La réponse à cette question permettrait à différents cercles du MPS de se développer et d'échanger des idées entre nous, faisant ainsi avancer notre travail. Car en fin de compte, nous ne sommes pas une entreprise de gestion de la santé, nous sommes un mouvement qui milite pour le droit à la santé et pour la justice sociale et sanitaire dans le monde entier.

Cette interview a été facilitée par MPS Global dans le cadre du People's Health Dispatch, un bulletin bimensuel publié par le Mouvement Populaire pour la Santé et Peoples Dispatch.

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