Le Combat pour la Santé: Problèmes et Solutions
des Réflexions venues du sud
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Cette brochure a été imprimée en décembre 2002 par Editronic, S.A.,
Telefax: 222-5461 (Managua, Nicaragua) en 2000 exemplaires.
Cette publication a été financée par HIVOS (Pays-Bas).
Le projet Mondialisation et Santé est financé par NOVIB (Pays-Bas).
Introduction
María Hamlin Zúniga
(International People’s Health Council, IPHC)*
Mike Rowson
(Medact et Health Counts)**
Importance et actualité de la déclaration d’Alma-Ata
On fête cette année le 25ème anniversaire de la Déclaration d’Alma-Ata
pour la promotion des soins de santé primaires et l’accès de tous à la
santé, l’un des documents les plus importants au plan mondial dans ce domaine. Ce texte
fixait à l’an 2000 le délai pour parvenir à donner à tous les êtres
humains «un niveau de santé qui leur permette de mener une vie socialement et
économiquement productive». Il prévoyait, pour atteindre cet objectif, de mettre en
oeuvre la stratégie des soins de santé primaires, en insistant sur la
participation communautaire, et de s’attaquer aux causes des maladies, à savoir la
pauvreté, l’analphabétisme et les mauvaises conditions sanitaires. La
Déclaration, rédigée par l’OMS et l’UNICEF et signée par plus de 130 ministres de la
santé (y compris ceux des pays développés), exigeait l’instauration d’un nouvel
ordre économique mondial plus juste pour les pays en voie de développement et demandait
que les fonds destinés à l’armement soient réassignés aux dépenses de
santé. Il semble aujourd’hui incroyable que les pays riches et les agences
internationales aient un jour signé un texte aussi radical. Cependant, en dépit des promesses,
sous beaucoup d’aspects la Déclaration n’a pas été mise en pratique :
il est évident aujourd’hui que nous ne sommes pas parvenus à la «santé pour tous»
en l’an 2000.
Il ne faut cependant pas en conclure qu’elle doive être jetée à la
poubelle. Elle garde au contraire toute sa valeur et a même une importance accrue pour
le monde d’aujourd’hui. La Déclaration d’Alma-Ata s’appuie sur une
réalité : elle est née des leçons tirées d’expériences menées en matière de
santé communautaire et des progrès réalisés par certains pays en voie de
développement
comme le Costa Rica, la Malaisie, Cuba, la Chine et le Sri Lanka. L’importance
accordée par ces pays à la réduction des inégalités économiques et sociales
et à l’accès de tous à l’éducation, à la santé, à l’eau, à la protection
sociale a fait la preuve que si l’on en a la volonté politique, on peut parvenir à un bon état de
santé de la population même dans les pays pauvres. Ces problèmes représentent
certes un grand défi, mais on ne peut les ignorer.
Les défis
Depuis la signature de la Déclaration d’Alma-Ata, on observe un recul
en matière de santé dans de nombreuses régions du monde, comme en témoignent
certains articles de cette brochure qui en illustrent les conséquences. Les
systèmes de santé sont soumis à des pressions sans précédent, comme le démontre
le Dr. David Sanders dans son analyse de la situation en Afrique subsaharienne. Tandis
que de nouvelles maladies se répandent (tout comme les anciennes), la santé
publique s’est détériorée dans de nombreux pays. Le Dr. Unnikrishnan évoque
la charge insupportable que représente les frais médicaux pour les pauvres: monde
pervers où le paiement du coût réel des soins peut conduire les gens à la
misère comme cela se produit déjà tous les jours dans de nombreux pays.
La mondialisation et le rôle prépondérant du marché ont également
pesé sur la santé et sur la fourniture de soins. Le nouveau monde du libre-échange
de biens et de capitaux se caractérise par une instabilité accrue de l’économie
désormais mondialisée, dont les conséquences sur la santé sont sévères, ainsi
que le montre le Dr Julio Monsalvo dans son analyse de la situation en Argentine. Les
accords de l’OMC sur le commerce, ainsi que le note le Dr. Sanders, donnent
priorité aux échanges et les placent avant la santé publique. Mais il y a plus :
l’introduction d’une logique de marché dans le domaine des soins de santé a miné
les valeurs fondamentales telles la coopération et la solidarité ; elle a
également affaibli la capacité des pays à redistribuer la richesse.
Lesalternatives
Faire face à ces problèmes à l’échelle mondiale, tout comme à l’échelle
nationale et communautaire, est le travail complexe et épuisant des militants de
la santé. Les expériences du Conseil pour la santé et le développement aux
Philippines montrent comment les interventions positives sont parfois mises à mal
par l’action du gouvernement et des militaires. Néanmoins, même dans les situations
les plus extrêmes, le courage et la ténacité peuvent triompher. Le Dr
Monsalvo décrit les efforts des professionnels de la santé pour imaginer une
Argentine nouvelle (et un monde nouveau !) par le biais du débat politique et
d’actions concrètes. Le Dr Quizphe quant à lui nous explique comment, en
Équateur, les activistes de la santé ont rédigé leur propre “Déclaration pour la
santé » et ont présenté au gouvernement une liste de revendications. Tous ces efforts
sont l’expression concrète des valeurs qui animent la Déclaration d’Alma-Ata.
Dans le monde entier, les gens pour qui les questions de santé sont une préoccupation se battent pour obtenir des gouvernements et des agences
internationales qu’ils tiennent les promesses qu’ils ont faites il y
a 25 ans à Alma-Ata. Il y a peu, grâce à la participation active de l’International
People’s health Council et du Health Counts – a été créé le People’s
Health Movement (Mouvement populaire pour la santé) dont le but est d’attirer l’attention
sur ces objectifs, de mobiliser et d’organiser des actions. Nous espérons que
cette brochure contribuera à ce processus et que tous ceux et celles pour qui
la santé est une affaire importante nous rejoindront dans notre combat sans
répit
pour la «santé pour tous».
* L’IPHC est une coalition mondiale de personnes qui ont des positions
sociales et politiques progressistes, de groupes et de mouvements qui se
consacrent au travail en faveur de la santé et des droits fondamentaux de tous les
êtres humains, en particulier des plus démunis. Son but est d’avancer sur le chemin
de la “Santé pour tous”. Il a de la santé une conception intégrale qui comprend le
bien-être physique, mental, social, économique et écologique.
L’IPHC estime que l’objectif de la santé pour tous ne peut être
atteint que grâce à la démocratie participative, considérée comme le pouvoir des gens
de prendre des décisions, et à la justice, c’est-à-dire l’égalité réelle
pour ce qui est des droits et de la satisfaction des besoins fondamentaux de chacun ; il considère
également qu’il faut que les gouvernements et les entreprises privées assument
totalement leurs responsabilités tout en garantissant la participation des
individus dans la prise des décisions qui ont une incidence sur leur vie.
L’IPHC est l’un des groupes qui ont organisé l’Assemblée
populaire mondiale pour la santé, qui s’est tenue au Bangladesh en décembre 2000.
Si vous voulez en savoir plus sur l’IPHC et le Mouvement populaire pour
la santé et si vous souhaitez recevoir des informations sur son plan d’action,
prenez contact avec:
Coordinación General- CISP/IPHC
Apartado No. 6152
Managua, Nicaragua
Adresse électronique: info@iphcglobal.org
Site Web: www.iphcglobal.org
Télécopie : (505) 266-2225
** Medact, dont le siège est en Grande-Bretagne, est une organisation de professionnels de la santé qui se consacre à
l’éducation, à la
recherche et au travail de plaidoyer concernant l’impact des conflits, de la pauvreté
et de la dégradation de l’environnement sur la santé. Medact fait partie, aux
côtés de l’ONG hollandaise Wemos et de l’ONG finlandaise Solidar – du
groupe
Health Counts, qui se bat pour l’instauration de politiques respectueuses de
la justice et du droit à la santé.
Site web: www.medact.org, adresse électronique:
mikerowson@medact.org
PLEURE, MON CHER PAYS
Par le Dr Unnikrishnan PV
| L’homme que l’on voit sur cette photo est Endramaya, un journalier
migrant de 60 ans, portant sur ses épaules son épouse Lakhamma, qui a une jambe
dans le plâtre. Lakhamma, âgée de 50 ans, est aussi une travailleuse migrante; elle s’est
cassée la jambe deux semaines auparavant, lors d’un accident près de
Bangalore. Le couple est originaire de Raichur, dans la zone sèche du nord de l’État
de Karnataka, où la crise agricole et celle du marché ont contraint les
habitants à chercher un emploi dans d’autres régions du pays. La capitale de l’État,
Bangalore, est l’un des centres technologiques mondiaux –la «Silicon Valley de
l’Inde» – et attire nombre de ces migrants. |
 |
Je me rendais à mon bureau lorsque j’ai vu ce couple. Endramaya marchait depuis
plus de deux heures sur Mahatma Gandhi Road. Il avait parcouru deux kilomètres au cœur de la
ville en portant Lakhamma sur son dos, s’arrêtant de temps à autre sur le bord de
l’avenue pour se reposer. Endramaya avait plusieurs fois tenté de faire soigner
son épouse. Il s’était tout d’abord rendu au Centre de santé
primaire, un établissement de l’État. Mais le Centre n’avait pas la possibilité
de faire une radio, ou de plâtrer la jambe de la patiente. Endramaya avait donc
porté sa femme dans divers hôpitaux et cliniques privées, mais tous avaient refusé de
la prendre en charge. Il n’avait pas assez d’argent pour payer les soins.
Au bout de plusieurs jours, ayant pu réunir quelque argent, Endramaya
avait porté Lakhamma dans une clinique privée. Il va de soi que le couple
avait dépensé pour la faire soigner presque toute la somme qu’il possédait. Il ne
leur restait que le prix du bus pour Raichur. Après les soins, ils avaient passé la
soirée sur un trottoir, sous la pluie. Vers minuit, Endramaya avait entrepris
le chemin
vers la gare centrale des bus, au coeur de la ville.
Il avait marché plus de 7 kilomètres sans que personne ne fasse
attention à eux, dans cette ville où vivent 6 millions d’habitants, dont des milliers
travaillent pour de grandes compagnies parmi lesquelles plusieurs de la liste
«Fortune 500».
Plusieurs fois, il avait essayé de faire du stop, faisant signe aux
véhicules, dont beaucoup de voitures à double traction dernier modèle, et à de petits
taxis à trois roues qui passaient près d’eux. Personne ne s’était arrêté.
Peut-être n’était-il pas très présentable après avoir marché plusieurs jours d’hôpital en
hôpital et passé une nuit sans dormir.
Endramaya avançait lentement ; au bout de quelques mètres il s’arrêtait,
posait sa femme au bord de la rue pour qu’elle se repose, tandis qu’il s’étirait
et tentait d’arrêter une voiture. Un moment après, il reprenait sa marche.
C’était le moment de la matinée où la circulation est la plus
intense. Plusieurs véhicules ont ralenti ; le conducteur, incrédule, regardait le couple,
mais poursuivait son chemin pour arriver à temps à sa réunion, comme s’il
ne se passait rien. J’étais énervé, en colère. J’ai couru vers eux, j’ai
sorti mon appareil photo de mon sac à dos et je les ai photographiés. Puis ils m’ont
raconté leur histoire. Je me suis joint à eux pour faire signe aux véhicules. Deux
voitures se sont arrêtées et leurs passagers se sont montrés disposés à les
aider. Nous nous sommes cotisés et nous avons payé un taxi pour qu’il les conduise à
la gare des bus.
Ce soir-là, alors que j’attendais dans un studio de photo que ma
pellicule soit développée, un employé, curieux, me questionna sur la photo. J’étais
encore assez énervé et c’est d’une voix un peu forte que j’ai raconté
mon expérience. Un monsieur qui écoutait la conversation me tapa sur l’épaule. “Votre
photo est bonne, mais vous auriez mieux fait d’utiliser un grand angle” –
me
dit le photographe, me laissant pantois. Comme médecin professionnel, j’aurais
dû lui parler de l’état de “rigor mortis” où se trouve la médecine
privée et de la léthargie où sont plongés les citoyens en général. Comme
professionnel de l’aide humanitaire, j’aurais dû lui dire qu’en Inde, les frais médicaux
sont le deuxième facteur d’endettement dans le monde rural, après les dots apportées
lors des mariages, un autre des maux sociaux inacceptables.
Le lendemain, l’un des principaux quotidiens nationaux a publié ma
photo du voyage d’Endramaya en première page de son édition locale. La
légende évoquait l’insensibilité dont la ville pouvait faire preuve à l’égard de
ses « hôtes », comme les travailleurs migrants. Le journal disait qu’il s’agissait là “d’une
réalité, et non virtuelle”, faisant probablement référence aux expositions sur la
réalité virtuelle du Salon annuel de Technologie informatique de la ville qui
avait fermé ses portes la veille. Mais il n’y avait pas de place pour aborder les
sujets plus importants – la hausse des coûts de santé et une politique sanitaire
sans pitié qui refuse aux pauvres les soins les plus élémentaires.
Un jour après cette publication, alors que je donnais un cours sur l’action
humanitaire dans l’une des meilleures écoles de médecine de la ville,
j’ai montré le journal avec la photo du voyage d’Endramaya. L’un des étudiants
de dernière année a dit : “C’est une fracture multiple du tibia et du péroné”.
Quel commentaire des plus professionnels ! Une autre remarque d’expert m’avait déjà
été faite ce soir-là, cette fois par un photographe : “C’est une bonne photo,
mais nous n’avons pas compris l’histoire”. Quelle tristesse.
Ces réactions professionnelles sont typiques de notre époque. Le
système actuel de santé est devenu très efficace et fait des progrès rapides, du
moins en termes de technologie et d’innovation. Mais il a perdu le contact avec la
réalité sociale et il est en train de se vider de son contenu humain.
Le temps que vous lisiez cette note, plus de 15 personnes seront mortes
de tuberculose en Inde, où cette maladie tue une personne par minute.
Combattre la tuberculose n’a cependant rien de sorcier : un régime nutritif, de
bonnes conditions sanitaires et une éducation de la population peuvent faire reculer ce
fléau. Cette année, nous avons vu des reportages sur “de supposés morts de
faim” de deux régions de l’Inde, où en outre une grande partie des femmes sont
anémiques. Dans un pays qui produit des excédents de grains, cela reste une énigme.
Presque au moment même où Endramaya traversait Bangalore à pied, les
experts discutaient à New Delhi d’une nouvelle politique en matière de
santé. Comparée à la dernière Politique nationale de santé, qui avait été
présentée en 1983, l’avantprojet de cette nouvelle politique ressemble à une trahison. “C’est
par ce
qu’elle tait que la nouvelle politique (l’avant-projet) est la plus éloquente”
– estime un critique. Le principe élémentaire de l’accès universel aux soins de
santé a disparu. Par exemple, l’un des aspects les plus remarquables du document de 1983
était l’engagement pris envers la déclaration d’Alma-Ata. Il disait : «L’Inde
s’engage à parvenir à l’objectif de ‘Santé pour tous’ en l’an 2000 par
le biais de la fourniture universelle de soins de santé primaires”. L’avant-projet du nouveau
texte garde le silence à ce sujet.
Pas un mot non plus sur le rôle des travailleurs de la santé dans les
villages, sentinelles sur la frontière de la santé publique grâce auxquelles le
pouls de l’Inde continue de battre. L’avant-projet de la nouvelle politique ne
consacre que quelques lignes à la santé des femmes et ne propose aucun plan
spécifique pour l’améliorer – une trahison envers plus de la moitié de la
population. Les enfants ne l’intéressent pas davantage. Ils n’ont même pas droit à
un chapitre entier dans un pays où 70 enfants sur 1000 connaissent une mort
prématurée. La marche désespérée d’Endramaya dans l’une des villes d’Asie
qui connaissent la croissance la plus rapide est symptomatique de la maladie qui ronge
les systèmes de santé. Ceux-ci, dans une grande partie des pays en
développement, ne répondent plus aux besoins des pauvres. L’Inde connaît de ce point
de vue une situation qui n’a rien de brillant. De fait, le système de santé
s’est dégradé au cours de la dernière décennie, durant laquelle, pourtant, la
croissance économique a été relativement bonne.
Les critiques signalent que les politiques néolibérales mises en œuvre
dans le domaine des échanges et du commerce, et qui font partie des plans d’ajustement
structurel imposés par la Banque mondiale et le FMI, ont laissé
derrière elles un sillage de mauvaise santé. Le prix des médicaments connaît une hausse
effrénée, entre autres celui des médicaments essentiels. Au cours des dix
dernières années, le contrôle du prix des médicaments a été supprimé – en
particulier ceux qui traitent les maladies meurtrières comme la malaria et la tuberculose –
afin d’améliorer la santé de l’industrie pharmaceutique au prix de vies
humaines. En Inde, les investissements en santé publique sont parmi les plus
faibles du monde et sont passés de 1,3 % à 0,9 % du PIB au cours des années 90.
La nouvelle politique de santé recommande une augmentation jusqu’à 2 %
pour l’an 2010. On est encore loin des 5 % que recommandent depuis longtemps
déjà le People’s Health Movement (Mouvement populaire pour la santé),
plusieurs groupes sociaux ou associations travaillant dans le domaine de la santé
et l’OMS elle-même.
Selon l’avant-projet de la nouvelle politique, en 2010 la part de l’État
dans le total des dépenses de santé s’élèvera à 33%. Toutefois, 33 %, c’est
moins que ce qu’apportent les gouvernements dans certains systèmes de santé les
plus privatisés du monde. Actuellement, l’Inde dépense en moyenne 160 roupies (moins
de 4 dollars étasuniens) par personne et par an pour les soins de santé. C’est
plus ou moins l’équivalent du prix de trois hamburgers, selon les standards de
la nouvelle économie. C’est pour cela que Lakhamma a dû faire tant de chemin
avant de trouver une place dans une clinique privée.
Si le budget de la santé a diminué, celui de la défense, par contre,
est en hausse. C’est là une insulte pour le peuple de l’Inde, où 200 millions de
personnes (soit le cinquième de la population) n’ont pas accès à l’eau potable, et
où 600 millions n’ont pas accès aux services de santé de base. En outre, l’Inde
paie chaque année des sommes folles à la Banque mondiale au titre du service de la dette
– beaucoup plus que ce que reçoit le pays annuellement. “Nos programmes sont
comme les médicaments : certains ont des effets secondaires nocifs, et l’on a
des doutes sérieux quant à la dose appropriée” – explique Michael Mussa,
l’économiste
en chef du Fonds monétaire international. “Le mieux que l’on puisse
espérer, c’est que le médicament que nous ordonnons soit plus ou moins celui qui
convient et que la dose soit plus ou moins adaptée”.
La pilule amère ordonnée par la Banque mondiale a aggravé les
problèmes de santé dans de nombreux pays. Par exemple, le crédit bancaire pour l’agriculture,
les barrages, les mines et les usines électriques est souvent à l’origine
de problèmes de santé, effets secondaires de la dévastation de l’environnement.
Les barrages financés par les banques à travers le monde ont accru l’incidence de
maladies liées à l’eau, telles la malaria et la bilharziose, car les eaux
stagnantes sont de véritables élevages de vecteurs comme les moustiques et les mollusques
qui hébergent la bilharzie – autre charge pour un système de santé
déjà délabré. En outre, les plans d’ajustement structurel imposent souvent l’abolition
des mesures de protection sociale. De nombreux pauvres doivent payer davantage pour
les produits et les services, ce qui réduit d’autant le budget déjà
limité qu’ils réservent à l’achat de nourriture.
En tant que travailleur de la santé et de l’aide humanitaire, je me
dois d’avoir une attitude positive. Je dois trouver le moyen de sauver et de
reconstruire la vie dans des situations de catastrophe, de guerre et d’épidémie. Cette
note peut paraître pessimiste. Mais elle reflète l’état d’âme de notre
époque. (Le Dr Unnikrishnan PV (unnikru@yahoo.com) travaille en Inde dans
le
domaine de la santé et de l’aide humanitaire – catastrophes, conflits et
guerres – dans le cadre d’une agence humanitaire. Outre son travail d’intervention
humanitaire fondée sur la communauté, il mène des recherches sur les politiques en
matière de santé. Il participe activement aux actions du People’s Health
Movement (Mouvement populaire pour la santé) et de l’International People’s
Health Council (IPHC).
Mondialisation, Santé et Services de Santé en Afrique SubSaharienne*
Par David Sanders
Professeur et Directeur
École de santé publique
Université de Western Cape
La santé est en crise en Afrique subsaharienne (AS). Bien qu’en gros
la situation sanitaire s’y soit améliorée au cours des cinquante ans qui viennent
de s’écouler, les progrès y ont été plus lents que dans d’autres régions du
monde. Par exemple, entre 1981 et 1999, alors qu’en moyenne dans le monde le taux de
mortalité infantile passait de 78 à 57, soit une diminution de 26,9%, en AS il
passait de 126 à 107, soit une diminution de 15,1%. En outre, en 1999, les
habitants de sept des 48 pays de l’AS avaient une espérance de vie plus faible qu’en
1970. Entre 1981 et 1999, dans huit de ceux-ci le taux de mortalité infantile a
augmenté et dans 17, l’espérance de vie a diminué(1) (2) (3).
Par ailleurs, la dénutrition chez les jeunes enfants a beaucoup progressé en AS au cours de la dernière
décennie (4).
On a observé, depuis 20 ans, une réapparition alarmante de “vieilles”
maladies contagieuses dont on avait pensé qu’elles étaient contrôlées, par
exemple, le choléra, la tuberculose, la malaria et la trypanosomiase, tandis que les
“nouvelles” épidémies, surtout le VIH/sida, sont venues saper les progrès obtenus
dans le domaine de la santé au cours du dernier siècle (5).
Pour aggraver cette situation, plusieurs pays africains passent par une
phase de “transition épidémiologique”, dans laquelle les maladies
cardiovasculaires, les cancers, les diabètes et autres affections chroniques et traumas,
prennent la place des maladies contagieuses dans certains groupes de population, mais
coexistent avec elles dans d’autres (6).
L’accès aux services de santé s’est considérablement amélioré
dans la période 1980-1990, mais s’est dégradé depuis, comme le montrent les données
de couverture du Programme élargi de vaccination (PEV). Les données de
couverture du PEV en AS pour 1999 mettent en évidence une détérioration de la
couverture de tous les antigènes administrés de façon routinière (7).
Et cela malgré les campagnes intensives de vaccination contre la polio et les campagnes
régulières de vaccination contre la rougeole.
La détérioration de la situation et de l’efficacité du secteur de la
santé qui vient d’être évoquée est le résultat de l’impact combiné du déclin et
de l’ajustement économiques et de l’épidémie de VIH/sida, qui touche aujourd’hui
28 millions d’Africains (soit environ 70% de l’ensemble des personnes infectées
dans le monde (8)), auxquels s’ajoutent
les conflits et la violence que connaissent 13 des 48 pays de l’AS.
La gravité de la situation économique se résume en un chiffre effarant
: 28 des 48 pays de l’AS ont eu un revenu per capita inférieur à 1 dollar par
jour en 1999. Ils étaient 19 sur 36 pays en 1981 (9).
En outre, le fossé des revenus entre pays riches et pays pauvres s’est dramatiquement élargi au cours des dix
dernières années. De même, la majeure partie des pays de l’AS dépense encore
en moyenne moins de 10 dollars par personne et par an pour les soins de santé,
somme inférieure de 20% à 40 % à celle qui serait nécessaire pour couvrir
le paquet minimum de soins de santé que promeut la Banque mondiale (10).
La situation que nous venons d’évoquer s’explique par divers
facteurs, certains historiques et d’autres contemporains, ces derniers étant liés à
différents aspects de la mondialisation et à certains de ses instruments.
En Afrique, les Plans d’ajustement structurel (PAS) sont l’une des
composantes les plus importantes de la mondialisation dans sa phase récente. Ces
plans ont eu pour effet d’intégrer davantage les pays à l’économie mondiale en
leur imposant le paiement strict de la dette et la libéralisation du commerce. Les PAS
ont également entraîné d’importants changements dans les politiques macroéconomiques, la restructuration du secteur public et la réduction
des dépenses sociales, ce qui a eu des conséquences négatives sur l’éducation,
la santé et les services sociaux dont les pauvres sont les bénéficiaires.
Un récent compte-rendu des études disponibles sur les ajustements structurels et
la santé, préparé par une commission de l’OMS, affirme : “La majorité des
études menées en Afrique, qu’elles soient théoriques ou empiriques, sont négatives
quant aux ajustements structurels et à leurs effets sur la situation de la santé”.(11)
Plus récemment, d’autres instruments de la mondialisation ont encore
davantage affaibli la capacité des gouvernements des pays en voie de
développement de fournir des services de santé à leurs populations. Par exemple, la mise
en place d’accords pris dans le cadre de l’Organisation Mondiale du Commerce
(OMC), surtout ceux concernant les droits de propriété intellectuelle qui
touchent au commerce (« Accord sur les aspects des droits de propriété qui
touchent au commerce » Trade-related Aspects of Intellectual Property Rights, TRIPS)
et leur interprétation par des groupes d’intérêt puissants et des gouvernements
menacent déjà de réduire la marge de manœuvre des différents pays en
matière de politiques de santé. La bataille juridique menée en Afrique du Sud
pour tenter de disposer de produits pharmaceutiques à prix réduit –
essentiellement ceux qui traitent le VIH/sida – est le cas le plus connu. En 1997, Nelson
Mandela a signé une loi dont l’objectif était de faire baisser le prix des
médicaments par le biais d’“importations parallèles” – c’est-à-dire l’importation
de médicaments venant de pays où ils sont vendus à prix réduit – et de “licences
obligatoires”, qui permettent à des entreprises locales de fabriquer certains
médicaments en échange du versement de royalties. Ces deux dispositions sont légales
selon l’accord TRIPS car toutes les parties sont d’accord pour reconnaître
que l’épidémie de VIH/sida constitue une urgence. Légalité confirmée
au cours d’une réunion de l’OMC à Doha en 2001. Le gouvernement étasunien n’a pas
soumis le cas à l’OMC mais, de concert avec les entreprises pharmaceutiques
multinationales, a exercé des pressions (menaces de sanctions
commerciales et d’actions juridiques, par exemple) contre le gouvernement d’Afrique
du Sud pour le contraindre à abroger la loi. Elle a fait pression de la même
manière sur la Thaïlande et le Bangladesh, dans ces deux cas avec succès
(12).
Le gouvernement sud-africain quant à lui n’a pas cédé, et, s’appuyant sur une
vigoureuse campagne menée par des activistes locaux et internationaux de la lutte contre le
sida et des ONG progressistes, il a obligé le gouvernement étasunien et les
entreprises
pharmaceutiques à reculer (13).
En dépit de cette importante victoire, les dispositions prises par l’OMC,
surtout les TRIPS et l’Accord général sur le commerce des services (AGCS),
menacent gravement la santé et les systèmes de santé des pays en voie de
développement (14).
Les réformes macro-économiques néolibérales se sont accompagnées de
réformes dans le secteur santé. Parmi les composantes-clés de ces dernières,
figurent la décentralisation à l’échelon local des responsabilités
administratives et/ou la fourniture de services de santé, à l’échelon national l’amélioration
du fonctionnement des ministères de la Santé, la diversification des
sources de financement - par exemple, le paiement des soins par les usagers, des
systèmes d’assurance ou l’introduction d’une concurrence régulée – et le
rationnement des soins par l’identification de « paquets » de soins de santé,
composés de (et souvent limités à) certaines interventions.
Ces réformes, se combinant avec l’impact du VIH/sida chez les
travailleurs, ont entraîné une réduction du financement des services sociaux (y compris
la santé) par les États d’Afrique subsaharienne et l’on constate en matière d’accès
aux services de santé un recul général qui touche avant tout les pauvres.
C’est ce que montre clairement la chute, au cours des années 90, du taux de
couverture vaccinale, qui est un bon indicateur de la couverture des services de
santé (15). Plusieurs initiatives conjointes du secteur public et du secteur privé
ont été récemment mises sur pied pour tenter de réduire la brèche croissante
entre le Nord et le Sud, de faire face à la crise provoquée par le sida et à la
réapparition de la tuberculose et de la malaria, mais aussi de remédier à l’incapacité
où se trouvent les gouvernements et les agences multilatérales (ONU), qui
disposent de moins en moins d’argent pour les investissements dans les services
de santé. Les plus connues de ces initiatives conjointes sont la GAVI (Alliance
mondiale pour les vaccins et la vaccination) et le GFATM (Fonds mondial de lutte
contre le sida, la tuberculose et la malaria).
Le GFATM n’a pas encore versé ses premiers financements, mais en
2000/2001, la GAVI a déboursé 150 millions de dollars, sur les 1030 millions
prévus. 90% de ce premier versement ont été consacrés à l’introduction de
nouveaux vaccins et à l’achat de consommables, et seulement 10% au renforcement des
services de vaccination. Anita Hardon a expliqué : “L’accent mis par la GAVI
sur l’introduction de nouveaux vaccins et de vaccins peu utilisés reflète
une tendance plus générale dans les programmes mondiaux de santé, qui, s’éloignant
du principe d’équité, visent l’innovation technologique et l’élimination
de certaines maladies. Cela semble indiquer un changement fondamental dans la
politique de vaccination qui s’écarte des principes qui dominaient après
Alma-Ata (soins de santé primaires) (16)”.
En outre, le fait que – en dépit de l’évidente incapacité des
systèmes de santé, surtout en Afrique, de fournir à leurs populations des vaccins relevant
d’une technologie robuste, efficace et éprouvée comme le sont les six vaccins
standards – l’accent soit mis sur la recherche de nouvelles technologies et non
sur la consolidation des structures chargées de la de vaccination est
symbolique des choix actuels et de l’influence des partenaires privés dans les
politiques de santé. Si aucune modification n’intervient dans la pensée néolibérale
dominante, si aucun changement n’a lieu dans les politiques macro-économiques et, de
là, dans les politiques de santé, l’avenir de l’Afrique est sombre.
Références bibliographiques
1 UNICEF. État des enfants dans le monde. 1984.
Oxford, Oxford University Press, 1983.
2 UNICEF. État des enfants dans le monde. 1994.
Oxford, Oxford University Press, 1993.
3 UNICEF. État des enfants dans le monde. 2001.
Oxford, Oxford University Press, 2000.
4 ACC/SCN, Nutrition Throughout the Life Cycle, 4th Report on the World Nutrition Situation, Genève, 2000.
5 Sanders D, Actes de la conférence Primary Health
Care 21: “Everybody’s Business”, tenue à Almaty (Kazakhstan) les 27 et 28 novembre 1998 à l’occasion
du 20ème anniversaire de la
Conférence d’Alma-Ata et organisée conjointement par le siège de l’OMS, Genève (Suisse) et le Bureau régional de l’OMS
pour l’Europe, Copenhague (Danemark) OMS EIP/OSD/00.7.
6 Frenk J, Bobadilla JL, Sepulveda J, Lopez
Cervantes M. Health Transition in Middle-income Countries: New Challenges for
Health Care. Health Pol
Planning 1989; 4: 29-39.
7 UNICEF. État des enfants dans le monde, Rapports
1984, 1994, 2001, op cit.
8 Collins J, Rau B. AIDS in the Context of
Development. Programme on Social Policy and Development, Paper number 4. Genève, UNRISD, 2000.
9 UNICEF. État des enfants dans le monde. 2001.
Oxford, Oxford University Press, 2000.
10 Simms C, Rowson M, Peattie S. The Bitterest Pill
of All. The collapse of Africa’s health systems. Londres, Medact/Save
the Children Briefing
report, 2001.
11 Breman A, Shelton C.. A literature review of the
debate, its role players and the presented empirical evidence. WHO Commission on Macroeconomics and
Health Working Paper WG 6:6. Genève, OMS, 2001
12 Bond P. Globalisation, pharmaceutical pricing,
and South African health policy: Managing confrontation with U.S. firms and
politicians. Int J Health
Services 1999; 29: 765-92
13 Hong E. Globalisation and the impact on health:
A third world view. Third World Network, 2000. Disponible sur le site www.twnside.org.sg/health.htm
14 Voir www.preamble.org
15 UNICEF. État des enfants dans le monde,
Rapports 1984, 1994, 2001, op cit.
16 Hardon A. 2001 Immunization for All? HAI Europe,
2001: 6(1).
NE VOUS DÉPÊCHEZ PAS, LES FILLES
Par Fortunate Kahari
École secondaire Mwanza
Zimbabwe
Je voudrais saisir cette occasion
pour prévenir mes sœurs adolescentes.
Avant de tenter quoi que ce soit,
Pensez d’abord aux quatre “P”
Projet, Plan, Persévérance et Prix.
À notre époque existe le SIDA.
N’ayez pas hâte d’être mères,
Ces fiancés, vos amants, ne sont que des menteurs,
Ils vous disent qu’ils possèdent une voiture.
Et quand ils deviennent pères
Ils murmurent que vous êtes aussi douces que le sucre
Mais pensez-y, les filles, comme s’ils allaient vous mettre dans leur
thé !
Ils vous disent que vos yeux brillent comme des étoiles
Mais qui sait vraiment comment sont les étoiles ?
Ils vont même jusqu’à vous dire que vous ressemblez à une rose,
Alors pourquoi ne vous plantent-ils pas dans leurs jardins ?
Prenez le temps de savoir ce que vous souhaitez dans la vie
Ne vous dépêchez pas.
Et vous êtes parfois une peu bêtes, les filles
Quand vous les écoutez, vous croyez vraiment qu’ils vous aiment,
Mais ils ne désirent que vos corps,
Ils ne veulent que vous presser comme un citron.
Vous acceptez ce qu’ils proposent et dormez avec eux,
Et puis ils vous recrachent comme un vieux chewing-gum mâché.
Prenez le temps de savoir ce que vous faites,
Ne vous dépêchez pas.
Certaines jeunes filles rentrent dans leur jeu
Parce que très jeunes elles sont déjà trs belles.
Certaines s’habillent même pour attirer les garçons,
Mais, croyez-moi, pas besoin de montrer votre corps
pour capter l’attention des garçons.
Vous battez des cils chaque fois qu’un garçon vous siffle.
Et vous vous arrêtez au milieu de la rue, comme coincées dans un
embouteillage.
Pourquoi n’attendez-vous pas, les filles, comme un beau magasin ?
Pas comme le marché aux puces,
Parce que nombreux sont ceux qui vont au marché aux puces,
Mais très peu ceux qui entrent dans les beaux magasins.
Attendez le bon moment
Et celui qui vous convient viendra vous chercher.
Certaines d’entre vous, les filles, se sont perdues
Et d’autres se repentent.
Ignorez ces idiots, pensez d’abord à vos études,
Les garçons en dernier.
Philippines : Histoire d’une travailleuse en santé communautaire
Développer l’autosuffisance en matière de santé
L’histoire de Nang Vicky
Nang Vicky Undangan, une paysanne de la province de Surigao del Sur,
habite un village montagnard situé au nord-est de l’île de Mindanao, aux
Philippines, là où vivent de nombreux paysans sans terre.
Lorsque le Programme de santé basé sur la communauté (CBHP, selon son
sigle en anglais) a été mis en place à Camam-onan (San Isidro), la commune
qui est la sienne, Nang Vicky a été l’une des personnes choisies par la
collectivité pour suivre une formation en vue de devenir une travailleuse en santé
communautaire — en moyenne une personne sur 10 ou 15 familles est choisie. C’est
ainsi que, tout en recevant l’appui du CBHP-Tandag (du nom de la capitale de la
province), la formation des travailleurs en santé communautaire de Surigao del Sur
a été le fruit des efforts des différentes communautés. Outre la prise en charge de la formation, les CBPH veillent à l’organisation
communautaire et assurent de nombreux services sanitaires, y compris les
soins aux patients référés et la mise sur pied de missions médicales. Une
fois formés, les travailleurs en santé communautaire participent à toutes ces
activités, non seulement dans leurs communautés mais encore, s’il y a lieu,
dans les
villages avoisinants.
Suivre une formation n’est jamais chose facile pour les futurs
travailleurs en santé communautaire : il faut laisser les enfants à la maison, perdre
une journée de travail dans les champs, se procurer un peu de nourriture à emporter
et de l’argent pour les frais de transport.
C’est ainsi que Nang Vicky s’est trouvée être un jour la proie d’un
dilemme. Une formation de six jours portant sur l’anatomie, les parasites et la
tuberculose allait être dispensée aux travailleurs en santé communautaire de San
Isidro et Nang Vicky était résolue à y assister à tout prix. Mais elle
traversait à ce momentlà une période très difficile : trois semaines auparavant, son mari,
atteint d’une infection rénale, avait été pris de vomissements et de fièvre. Ne
sachant que faire, elle a donc entrepris d’expliquer sa situation aux autres
membres de la communauté. Ceux-ci lui ont immédiatement proposé de s’occuper de
son mari et de ses enfants pendant la durée de la formation.
L’importance des services communautaires de santé
Nang Vicky a terminé sa formation et a dispensé ses services à la
communauté. Elle a été l’un des 57 membres qui représentaient les CBHP au
Conseil pour la Santé et le Développement (CHD, selon son sigle en anglais), parmi plus
de 3 000 travailleurs en santé communautaire. Les CBHP se sont directement
mis au service des secteurs marginaux de la société philippine — paysans,
agriculteurs, pêcheurs, travailleurs et populations autochtones — dans 2 000
villages, couvrant ainsi 67 des 75 provinces du pays.
Tout comme Nang Vicky, un grand nombre de travailleurs en santé communautaire ont traversé des moments difficiles : ils se
souviennent
avoir porté dans des hamacs, depuis les communautés les plus reculées et par
des sentiers escarpés, des malades pour la plupart atteints de tuberculose,
de paludisme ou de diarrhée, ou bien des enfants sous-alimentés. Non seulement les
services de santé étaient trop chers, mais encore si distants — parfois à
deux jours de marche — que les patients décédaient souvent pendant le trajet. À
présent, tous s’accordent à dire qu’ils ont beaucoup appris. Grâce aux
formations
dispensées par les CBHP, les travailleurs en santé communautaire ont acquis des
connaissances élémentaires sur la prévention des maladies les plus
répandues, les premiers secours, l’utilisation des herbes médicinales, l’hygiène
dentaire et l’extraction des dents. Sur ces bases, ils ont parfait leurs
connaissances en suivant des formations élémentaires portant sur l’anatomie et la physiologie,
ou bien sur l’histoire clinique et les examens physiques, l’acupuncture et la
digito-pression. C’est ainsi que leur nombre s’est multiplié et qu’ils ont formé
à leur tour de nouveaux travailleurs communautaires.
C’est aussi grâce aux connaissances acquises par le biais du CBHP et
aux formations qu’ils ont suivies qu’une nouvelle voie s’est ouverte
pour Nang Vicky et beaucoup de ses compagnons, devenus aujourd’hui travailleurs en
santé communautaire. Auparavant, de par leur faible niveau d’éducation, ils
n’avaient guère d’espoir de trouver un travail digne dans leurs communautés.
Mais à présent, nombreux ceux qui ont repris confiance, conscients de la possibilité qui
s’offre à eux d’acquérir de nouvelles connaissances utiles.
Sous la menace des militaires
De nombreuses communautés couvertes par le CBHP-Tandag n’avaient
jamais reçu la visite des professionnels de la santé qui travaillaient pour le
gouvernement. Lorsque la province a été envahie par les militaires qui combattaient
les insurgés, les soldats ont occupé les places des villages, les marchés, les
champs. Les gens ont dû quitter leur maison et abandonner leurs moyens de production.
Même les femmes et les enfants étaient pris dans les combats.
Les habitants des communautés dans lesquelles s’était implanté le
CBHP, comme San Isidro — là où habite Nang Vicky — sont devenues la proie des
militaires qui les accusaient injustement et les soumettaient à des
interrogatoires. À l’instar des leaders des organisations populaires, les travailleurs en santé
communautaire ont été une cible pour les soldats qui les ont harcelés et menacés.
Bon nombre d’habitants se sont découragés et le programme a dû mettre fin à
ses activités. Une dizaine d’années plus tard, le CBHP-Tandag a été remis sur pied.
Ce programme est aujourd’hui étroitement lié à l’église catholique. Après les
douloureux évènements du passé, il y a encore beaucoup à faire. Les
habitants gardent encore en mémoire ces années de tourment. Mais, grâce à l’aide
importante du CBHP, ils ont surmonté leur crainte.
Bien que Nang Vicky et d’autres travailleurs en santé communautaire de
San Isidro, comme Nang Dolor, aient dû affronter la malveillance, voire les
menaces des militaires, ils ont toujours gardé la tête haute : ils n’ont
jamais caché qu’ils étaient des travailleurs en santé communautaire. Quant à Nang Dolor,
pendant cette période, elle a plus souvent eu affaire à des militaires en
quête de documents subversifs qu’à des patients de la communauté en mal de soins
médicaux. Pour les soldats, les traités d’acupuncture ou les manuels sur l’emploi
des herbes médicinales étaient des publications subversives et, pour qu’ils
ne
tombent pas entre leurs mains durant les perquisitions, elle les avait dissimulés au
fond de sa maison.
Après des années de dur labeur, le CBHP-Tandag a été rétabli dans 33
villages appartenant à différentes communes. Le programme de santé permet aux
gens de prendre conscience qu’il est possible d’améliorer les choses en
travaillant de concert. Nang Vicky, Nang Dolor et les autres travailleurs en santé
communautaire ont comme tant d’autres fois fait preuve de courage en apportant leur
contribution au développement de l’autosuffisance en matière de santé. Ils ont
œuvré pour l’établissement d’un système de santé alternatif avec l’aide des
CBHP. L’histoire de Nang Vicky et du CBHP-Tandag n’est qu’un exemple des
29 années d’expérience des CBHP aux Philippines. La première équipe ambulante
d’entraînement paramédical, créée dans les années 70, s’est
convertie en une organisation qui a jeté les bases d’un système de santé
alternatif.
Les CBHP survivent et fleurissent parce qu’ils ont des racines solides. Les
habitants des communautés luttent inlassablement pour défendre leur vie et leurs
droits, et pour mettre en œuvre des programmes de santé mieux adaptés. –
[Conseil pour la Santé et le Développement, le 4 novembre 2002, Quezón City,
Philippines].
Argentine 2002
Pour en finir avec une vieille endémie, des propositions qui naissent
Sans bruit de L’Expérience quotidienne
Par le Dr Julio Monsalvo
“Comparés aux maladies qu’engendre la misère, comparés à la
tristesse, à l’angoisse, à la détresse sociale des peuples, les microbes en tant
que cause des maladies ne sont qu’une pauvre cause.”
Ramón Carrillo (premier ministre de la Santé publique de la nation
argentine, 1945-52)
L’extension de la faim
Angela vit dans un quartier pauvre, dans une grande ville d’Argentine.
Elle a 39 ans et elle est mère de quatre enfants. Au cours d’une consultation au
dispensaire, Alejandra, un jeune médecin, lui a diagnostiqué une anémie. Aucun
doute sur ce qui l’a provoquée : Angela n’a pas les moyens de se nourrir
convenablement. C’est la neuvième patiente chez qui l’on a diagnostiqué une anémie
cette semaine. Neuf femmes de plus de 35 ans qui sont anémiées pour la même raison.
Une simple analyse de sang révèle qu’Angela a 8 grammes à peine d’hémoglobine
et que le nombre de ses globules rouges est très faible.
Cela fait longtemps que dans ce dispensaire, tout comme dans la majorité
des hôpitaux argentins, on ne distribue plus les médicaments qui apportent
du fer. Dans tout le pays, dans toutes les tranches d’âge, on détecte des
anémies qui ont pour origine la difficulté à acheter de la nourriture. Enfants
dénutris et anémiques (surtout les moins de 5 ans), femmes enceintes anémiques, bébés
anémiques naissant avec un poids insuffisant et personnes âgées sous-alimentées.
Une seule province reconnaît, dans ses statistiques officielles de 2001, qu’elle
a enregistré 71 morts dues à la dénutrition, dont 44 sont des enfants de moins de 5
ans (62%) et 21 des personnes de plus de 50 ans (30%).
Notre jeune médecin ne se décourage pas. Elle cherche une plante de la
région qui contienne du fer et découvre l’ortie (Urticara urens L.). Au
dispensaire, elle prépare une teinture d’ortie et, pendant trois semaines, fournit ce
traitement naturel à Angela. Les analyses de sang de la jeune femme s’améliorent et elle
se sent beaucoup mieux. Ce résultat encourage Alejandra et d’autres
travailleuses du dispensaire qui décident alors de traiter les autres femmes avec la
teinture d’ortie. C’est un succès et les gens commencent à parler de cette possibilité
de traitement.
Le combat est inégal, mais héroïque et porteur d’espoir. Peu à peu,
presque de bouche à oreille, l’idée fait son chemin.
Une abondance de nourriture
L’Argentine, qui a 35 millions d’habitants, produit selon les
chiffres officiels 68 millions de tonnes d’aliments par an. S’ils étaient un bien social,
s’ils étaient produits pour donner à manger et non pour permettre à quelques grandes
entreprises de faire des profits, cela ferait beaucoup de nourriture
disponible pour la population: 2 tonnes par personne et par an, soit 5 kg et
demi
par jour. Une partie seulement serait suffisante, et le système pourrait continuer
à exporter le reste. Pourtant, plus de la moitié de la population vit dans la
pauvreté, quand ce n’est pas dans l’indigence.
S’interroger sur la qualité des produits alimentaires est également
intéressant. L’Argentine consacre de grandes surfaces à la culture de plantes
transgéniques. L’utilisation de produits toxiques dans l’agriculture, en plus de
contaminer les aliments et de polluer les sols, est également à l’origine d’intoxications
et de morts. Les animaux sont soumis à des traitements cruels et, afin de
permettre “de plus grands bénéfices économiques”, on les nourrit de manière
anti-naturelle pour qu’ils engraissent plus rapidement. L’industrie utilise une
profusion de produits chimiques tels les colorants, les conservateurs et tous les
parfums artificiels “autorisés”. À l’injustice que constitue le fait de
nier à la grande majorité le droit de se nourrir, s’ajoute l’insécurité des
produits, dans un
pays qui a perdu sa souveraineté alimentaire, entre autres souverainetés perdues sur
lesquelles il n’est pas besoin de revenir.
Une autre Argentine, un autre monde
Alejandra, le jeune médecin de notre histoire, est l’une parmi des
milliers de travailleurs et travailleuses de la santé de ce pays qui, confrontés à
la douleur et à la misère, se battent en silence et au quotidien pour trouver des
solutions. Ces solutions constituent de vraies propositions pour construire une
Argentine différente.
Mené depuis des années dans les villes, le programme Prohuerta a pour
but la production d’aliments pour l’auto-approvisionnement. L’État
fournit des semences pour la culture de légumes et de fruits ainsi que des animaux d’élevage
; il offre également des formations aux méthodes de la culture
biologique (culture sans produits toxiques ni engrais chimiques). On compte jusqu’à plus
400.000 jardins, cultivés dans le cadre d’une famille, d’une école ou d’une
communauté dans de grandes villes aussi bien que dans de petites localités. Ces
potagers produisent quelque 80.000 tonnes par an, au bénéfice de deux millions
et demi de personnes. Alors que l’on estime à 7 millions et demi le nombre des
indigents, l’État, au lieu de soutenir ce programme et de l’étendre, a réduit
de 7 % le budget qu’il lui assigne. Il existe d’autres initiatives, tant de l’État
que d’ONG, qui tendent d’une façon ou d’une autre vers la production pour l’auto-consommation.
Mais elles ne sont pas encouragées, et cette ligne n’a pas accédé au
rang de politique d’État.
Ici et là, dans tout le pays, de petits groupes de paysans et de
paysannes mènent des actions à haute teneur politique et au contenu transformateur, par
exemple l’organisation de foires où l’on échange des semences produites
localement ou la création d’un marché local de produits bio. Aujourd’hui, en
Argentine, de nombreuses expériences démontrent qu’il est possible de produire des
aliments sains. Elles sont menées par des organisations sociales et économiques
ayant pour principe de base le respect de la vie sous toutes ses formes ;
respect qui se traduit par des relations saines avec l’environnement qui ont un impact
positif sur l’état de santé de la population.
Il est urgent de changer le modèle de consommation pour en finir avec la
vieille maladie endémique des injustices sociales, pour mettre fin sans délai
à cette situation barbare où le gens se voient refuser le droit de se nourrir et
de se nourrir d’aliments sains.
Il y a plus de 50 ans, Ramón Carrillo signalait que les injustices
sociales sont la vraie cause des maladies. Aujourd’hui, ces injustices se sont
approfondies et étendues en Argentine, et s’y rajoutent désormais les injustices
écologiques comme la détérioration des sols, la disparition de la forêt, la
pollution des rivières et de l’air. Femmes paysannes, cadres et étudiants
engagés dans la
lutte pour la santé et la vie depuis des années font la preuve qu’une autre
Argentine est possible, qu’un autre monde est possible.
Mandat au nouveau Gouvernement
La Santé pour tous et toutes, clé de voûte d’un bon Gouvernement
Dr. Arturo Quizhpe Peralta
Doyen de la Faculté de Médecine de L’Université de Cuenca-Ecuador
Coordinateur de L’International people’s health Council
(IPHC)-Amérique du Sub
La justice, la paix et un développement durable compatible avec la
protection de l’environnement sont au cœur de notre vision pour un monde
meilleur. Un monde dans lequel la santé pour tous soit une réalité ; un monde
qui respecte la vie et sa diversité sous toutes ses formes, un monde qui
favorise le développement des talents et des capacités de chacun et leur
enrichissement mutuel, un monde dans lequel la voix des individus guide les décisions
qui façonnent leurs vies. Il y a bien plus de ressources qu’il n’en faut
pour atteindre ces objectifs (1).
Une société malade
Le modèle actuel de développement néolibéral n’est pas tenable et
son échec a été largement démontré dans des pays comme l’Argentine. Il ne peut
même pas être considéré comme un modèle de développement : il est conçu pour
perpétuer le sous-développement et renforcer la dépendance. Nous survivons dans
une société malade, où l’homme a été sacrifié par le marché, où la
nature est profanée et agressée par les grandes transnationales aux intérêts étriqués,
où dominent l’abus de pouvoir, la corruption, l’intolérance, la ségrégation et
l’injustice.
Il faut en finir avec l’imposture et les pieux mensonges : la santé
est intimement liée au développement et celui-ci, à son tour, a un effet sur la
santé. Il ne peut y avoir de politiques de santé pour les masses si l’on ne procède pas
en même temps à une réforme intégrale de l’État visant elle aussi le
bien-être de tous. Comme l’a affirmé le Dr Roses, nouvelle directrice de l’OPS,
les
programmes de santé sont le reflet des choix éthiques d’un pays, ils manifestent
la valeur assignée à la vie et au développement humain en général, et plus
spécialement encore, la valeur de la vie de chaque être humain, des femmes, des
enfants et des personnes âgées handicapées.
Il faut éliminer la pauvreté
En Équateur tout comme dans les autres pays d’Amérique latine, la
pauvreté constitue la principale cause des maladies et de la mortalité, et ses
racines sont à chercher dans les politiques économiques et sociales qui nous sont
imposées. La pauvreté a sa source dans la distribution inégale de la richesse, dans
la façon dont la société est organisée, dans les règles de l’échange
inégal entre les nations, dans le pouvoir démesuré des transnationales et dans tout ce qu’elles
imposent pour accroître leurs profits.
Comme le signale la Charte populaire pour la santé, «la mondialisation
de l’économie et la privatisation ont des effets négatifs profonds sur
les communautés, les familles et les cultures. Les institutions publiques
ont été affaiblies ; nombre de leurs responsabilités ont été transférées au
secteur privé, en particulier à des entreprises ou autres institutions nationales ou
internationales qui ont rarement à rendre des comptes aux populations concernées».
La pauvreté doit être éliminée, et non pas soulagée. Soulager la
pauvreté, c’est traiter les symptômes et non la maladie. Si l’on veut la combattre, il
faut redistribuer la richesse, travailler à instaurer un échange commercial
plus équitable, créer des emplois, donner au peuple ressources,
responsabilité et pouvoir.
La santé pour tous est un droit que tous les pays de la région ont
inscrit dans leur constitution. Néanmoins, le budget de la santé est déterminé en
fonction de considérations économiques, soumis aux décisions des transnationales
et aux intérêts du marché, et l’on sacrifie ainsi la vie de millions d’hommes,
de femmes, d’enfants et de personnes âgées.
Les indicateurs du développement humain rendent compte d’une réalité dégradante pour l’être humain: 80% des foyers
équatoriens vivent
dans la pauvreté, dont 20% dans l’indigence, privés de l’accès à l’éducation,
à la sécurité sociale, aux infrastructures sanitaires de base ; les taux de mortalité
maternelle (de 160 à 300 pour cent mille enfants nés vivants) et infantile (39
pour mille) sont élevés alors que ces morts peuvent être prévenues ; les maladies
associées à la pauvreté, entre autres la dengue, le paludisme et la tuberculose, ne
reculent pas.
Diverses organisations et différentes entités des peuples d’Équateur,
liées au travail dans le secteur de la santé et engagées dans la lutte pour la
pleine reconnaissance et le respect de ce droit humain primordial, ont adopté
les principes de la Charte populaire pour la santé et font la proposition suivante:
Principes de base pour un programme de santé pourtoutes et tous
- Garantir l’accès universel à des soins primaires de santé
intégrale de qualité, en fonction des besoins de la population et non de sa capacité de
paiement.
- Eliminer les critères de coût-efficacité comme éléments
déterminants pour la mise en oeuvre des programmes de santé et abolir les projets visant à
faire payer les soins, qui sont générateurs d’inégalité et constituent
une barrière dans l’accès aux services.
- Mettre un frein aux processus de privatisation des services publics
de santé et de la sécurité sociale et assurer un contrôle efficace du secteur de
la médecine privée, y compris les services médicaux caritatifs et les ONG.
- Accroître les investissements publics jusqu’à atteindre au moins
70% des dépenses nationales de santé.
- Mettre l’accent sur la promotion de la santé, principalement sur l’organisation
et la participation communautaires.
- Consolider la participation sociale, le travail intersectoriel et l’approche
multisectorielle des questions de santé et leur donner des bases
juridiques.
- Promouvoir des programmes de santé destinés aux femmes ainsi que
des programmes visant l’éradication de la violence au sein de la famille,
promouvoir le respect de la loi relative à la gratuité des soins de maternité.
- Élaborer un programme de promotion de la santé et de prévention
destiné aux jeunes, qui aborde en particulier les droits liés à la vie sexuelle et
à la reproduction.
- Adopter des mesures visant à assurer la santé et la sécurité dans
le cadre du travail et qui prévoient une surveillance des conditions de travail, en
particulier dans les secteurs à risques (par exemple dans les usines de
sous-traitance (maquilas), dans les entreprises de culture des fleurs, dans le secteur
informel, etc.).
- Adopter des mesures de régulation concernant l’utilisation de
technologies et la production et la vente de médicaments de sorte que celles-ci
répondent aux besoins de la population.
- Orienter la recherche en matière de santé – y compris la
recherche génétique et celle concernant les médicaments et les technologies liées à la
reproduction – de sorte qu’elle soit au service des gens et de la santé publique
et respecte les principes éthiques universels.
- Agir pour la sauvegarde de relations harmonieuses avec l’environnement
et assurer la protection des écosystèmes.
- Investir plus, investir mieux et commencer à payer la dette sociale,
en donnant priorité à la santé en l’éducation et en réduisant les dépenses
militaires et le paiement de la dette extérieure.
- Soumettre les politiques économiques à une évaluation de leurs
effets sur la santé, la justice, l’égalité entre hommes et femmes et l’environnement
et prévoir des mesures contraignantes pour en assurer le respect.
La santé est un droit humain fondamental ; c’est pourquoi nous nous adressons au nouveau gouvernement pour lui
demander, pour exiger de lui un engagement réel en faveur de la santé de toutes et de tous.
Cuenca, novembre 2002
(1) Charte populaire pour la santé. IPHC. Décembre 2000.
* Cette synthèse se fonde en grande partie sur l’étude Public Health
in Africa, D. Sanders, D. Dovlo, W. Meeus, U. Lehmann, in Global Public Health, R.
Beaglehole (éd.), O.U.P. (à paraître prochainement)